L’ACCES AUX MUSEES DES PERSONNES AUTISTES - Implications spatiales
Mémoire de master en architecture pour la mention recherche - 2014

Accéder aux lieux publics est une condition nécessaire pour exercer sa citoyenneté et participer ainsi à la société. Dans le cas des personnes handicapées, cela peut nécessiter certains aménagements. Il n’y a que peu de temps que l’Etat français a légiféré à ce sujet, notamment avec la loi du 11 février 2005, texte dans lequel se trouve inscrit le principe « d’accessibilité pour tous ». Il est ici appréhendé au regard de l’autisme, ajouté à la terminologie du handicap par cette même loi.
A l’heure actuelle, il n’existe pas de travaux sur les besoins engendrés par les troubles autistiques au sein des espaces publics. Le présent travail explore ce qu’implique de rendre accessible ces lieux aux personnes autistes et dresse un constat de leur niveau d’accessibilité actuel. La méthodologie retenue consiste en une étude comparative des textes réglementaires avec ceux du champ de recherche sur l’autisme. Par suite, 9 musées significatifs, déployant la diversité des situations, constituent le terrain d’étude. Ces lieux publics sont analysés d’après une grille reprenant les résultats de la première phase de travail. A noter, l’accueil et l’éducation du plus grand nombre font d’ores et déjà partis de leurs missions.
Ces analyses démontrent de nombreux manques fortement préjudiciables à la réalisation d’une accessibilité spécifique aux personnes autistes, principalement une absence de connaissance des enjeux et de formation de tous les acteurs concernés. Plus généralement, il semble que la problématique de l’accessibilité ne fasse pas encore réellement partie des priorités pour la plupart des institutions, encore moins pour les concepteurs. Les résultats sont tout de même à nuancer puisque de nombreuses contraintes entravent la réalisation de l’accessibilité et qu’une évolution positive se dégage malgré tout depuis la promulgation de la loi.
C’est finalement dans une réflexion plus vaste que le travail veut s’inscrire. Quel que soit les particularités, leur prise en compte par les personnes responsables de la création des lieux publics semble très faible. Cela témoigne d’une certaine éthique de la société qu’il serait bon de faire évoluer. En attendant, il peut être préférable que les législateurs utilisent la mention « accessibilité élargie » au sein des textes de loi plutôt que « accessibilité pour tous » qui ne correspond pas à la réalité.



AUTISMES ET BIENVEILLANCE ARCHITECTURALE - Archétype de l’atypie exacerbant le pouvoir de l’architecture
Mémoire de post master en architecture - 2015

Depuis plusieurs années, l’intérêt pour la question de la relation entre espace et santé mentale progresse au sein des sphères scientifiques. Il est désormais admis que « notre relation à l’environnement [de manière globale] conditionne nos perceptions, nos évaluations et nos comportements, et surtout, détermine notre bien-être au quotidien »1. Cette réalité concerne tout un chacun. De par la complexité des troubles autistiques, l’étude de ces derniers a conduit à remettre en cause un certain nombre de connaissances et d’acquis sur la nature humaine. Le présent travail cherche à déterminer ce qu’il en est en architecture. En arrière plan, il demeure une interrogation sur la manière d’inclure ces personnes pour passer d’un espace du « chez-soi » bien-traitant à un espace de « l’être ensemble » au sein de la société, bienveillant et déjà promis par le cadre légal.
Ce terrain n’a pas encore été abordé par le champ de recherche sur l’autisme bien qu’il se voit évoqué, avec précaution, en conclusion de plusieurs travaux. Avant même de chercher à élaborer des recommandations pratiques mais pour amorcer la réflexion, il est nécessaire d’identifier la nature des aménagements et du positionnement conceptuel auquel conduit la prise en compte des troubles autistiques en architecture. Pour ce faire, un état de l’art est effectué et le fonctionnement du mode perceptif des personnes autistes particulièrement détaillé. Puis, les principes de conception sont décryptés, en regard des besoins découlant des particularités perceptives, et illustrés par un certain nombre d’exemples architecturaux spécialisés ou non.
Dépassant largement la problématique de l’accessibilité et mettant à mal les catégories du « handicap » et du « normal », le rapport à l’environnement singulier des personnes autistes permet de poser les besoins humains en termes d’espace sous un angle nouveau. La prise en compte du niveau sensoriel, plus généralement des besoins primaires, apparaissent dès lors comme un pré-requis essentiel à toute démarche conceptuelle.
Ce travail a permis de faire émerger les liens complexes qui se créent entre de grands principes spatiaux, tant morphologiques que d’ambiance, et les grandes lignes du fonctionnement perceptif humain plaidant pour une relative sobriété et retenue lors de la conception. A partir du cas particulier des personnes autistes, il est possible de tirer des pistes de réflexion sur la manière de prendre en compte la diversité des usagers qu’accueille l’architecture en considérant avant tout l’humanité de tous.

1MOSER G. et WEISS K., 2003, cité par : DEMILLY Estelle, Autisme et architecture. Relations entre les formes architecturales et l’état clinique des patients, Université Lumière Lyon II, 2014, p. 13

Identifier les liens et interactions entre l’appareil perceptif et l’espace architectural est un premier pas vers une conception davantage basée sur les besoins humains primaires, sensoriels notamment. L’objectif n’est pas l’exhaustivité. Il s’agit de l’ébauche d’un modèle qui permette d’appréhender la complexité de ces relations et d’en considérer ainsi la juste valeur. Elles sont particulièrement essentielles dans le cas des personnes autistes.


Survolez la zone intéractive ci-dessous et cliquez sur les différents éléments pour en découvrir le contenu.

Le contenu interactif ne peut être affiché en raison de la largeur insuffisante de la fenêtre de votre navigateur.




Votre projet

Votre enfant ou un de vos proches est porteur de troubles autistiques. Nous pouvons travailler ensemble afin d’améliorer sa vie autant que la votre. Une évaluation et une prise en compte de ses particularités sensorielles dans l’aménagement de son lieu de vie sont possibles !